Corrientes tiene payé

17 juillet 2007

On sonne

Une heure libérée, j'en profite pour écrire et je ne sais déjà plus pour qui j'écris. Encore une fois le temps a beaucoup passé.

Je suis à Mercedes dans l'éternel cyber-café. Ce sont les dernières secondes et les airs de chamamé au coin de ma rue durent très longtemps. Ils ne s'envolent pas. Ils rentrent dans mon bagages et font voler la glissière.

Dida est à côté de moi. Je l'aime plus que jamais. Je sens qu'elle aussi. Nous nous répétons que le temps à passé si vite. Elle dit entre deux phrases qui n'ont rien à voir l'une de l'autre, elle va me manquer, à Blas puis à Anita. Demain nous partons à l'estancia. Dernier bus, dernier souffle, dernier regard autour du Rubio, Sergio. Peut-être comme un saut dans le vide. Pourrais-je saluer tous les chevaux?

Argentine Argentine Argentine je sens que sonne le glas...ma France est si petite. Que faire sans les coeurs immenses, grossis par les larmes du Paraná,

élargis par les exagérations des Andes

faire suivre

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11 juin 2007

Abuela

Arnaldo Calveyra, La chambre d’Aurélia

…Mon histoire ressemble à beaucoup d’autres, tout aussi banale, tout aussi pauvre et tout aussi riche en souvenirs, mais le moins possible.

Souvenirs fréquemment visités, comme ces personnes qui aiment aller dans les cimetières pour être plus près de leurs morts, et qui y passent des après-midi entiers. Seule.

Il se peut que je ne me trompe pas, ma mémoire va et vient comme une navette,

peut-être certaines choses ne sont-elles pas arrivés,

du moins pas telles que je m’en souviens à présent,

mais pourquoi n’aurais-je pas le droit ?

J’ai bien le droit de modifier tant soit peu mes souvenirs, ils m’ont bien modifiées, eux !

Ils sont comme le crépuscule, les souvenirs,

plus la lumière faiblit plus les détails sont visibles,

on commence à les deviner,

ils se précisent, deviennent certains, presque certains,

ils ne sont pas comme les rêves où l’on reste planté devant une porte, ils sont comme des dunes où l’on s’enfoncerait

plus on y est enfoncé, mieux c’est,

ils se font et se défont comme les dunes,

à la moindre inattention,

il suffit d’une caresse de la brise pour qu’ils changent de place…

Et puis…

…Si longtemps sans nouvelles d’elle…

et elle,

est-elle aussi sans nouvelles de nous ?

La seule chose que nous sachions,

c’est qu’elle est partie allumer les lampes de l’autre côté de la colline…

Arnaldo Calveyra, Le livre des papillons

A présent que tu es morte je vais être ta mère,

je vais m’asseoir et t’attendre.

Là bas.

J’attendrai tes lettres incluant le monde,

dans le coin le plus paisible de la fable,

je me perdrai avec tes somnambules.

Ils arriveront sur fond de sérénade

non loin de cette terre

que nous connaissons bien tous deux.

Quand tu reviendras petite fille,

je t’apprendrai l’alphabet avec la baguette de sureau,

en passant par-dessous chaque mot,

sans les réveiller.

Et quand je reviendrai,

vieux,

alors je m’assiérai sur un petit doigt de soleil

et je t’attendrai,

je t’attendrai.

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25 mai 2007

Nos nouveaux animaux de compagnie

Ils s’appellent « André el yacaré »,

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« Pepa la garsa »,

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« Julio le carpincho »,

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« Antonio le ciervo »,

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et « Amanda chajá »,

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On les a tous recueilli le même jour, le 25 mai pour la fête de la patrie. On ne sait pas encore si on les emmène avec nous à Misiones.

Quelqu’un peut-il nous faire savoir si le petit chef a donné des directives concernant l’entrée de ses animaux sur le territoire français ? Au bout de combien d’années peuvent-ils obtenir la nationalité ? Un yacaré peut-il prétendre à une union avec une citoyenne française ? Dans ce cas quels sont les papiers nécessaires ? Faut-il un niveau d’études minimum, parce que le carpincho est franchement débile. Quel est le niveau de français requis ? Pour le moment ils savent juste chanter l’Internationale.

Merci de collaborer.

Ah ! Dernière question. A part « Amanda chajá » tous sont polygames. Cela pose-t-il problème ?

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21 mai 2007

Les choses connues

Notre carrière de pêcheuses du grand fleuve s’arrête à peine commencée. On a dit hier que nous avions abandonné l’île qui n’en est pas une. Ce n’est pas faux mais il faut quand même dire la vérité. Au petit matin, de notre pirogue nous ne retrouvâmes que la palme d’une rame. Au mitan de la nuit les zindiens étaient venus et zavaient foutus l’feu pendant que ça ronflait sec dans la cabane.

Zavaient laissé un bidon d’essence sous l’poteau. C’était avec ça qu’y z’y avaient foutus l’feu nous on a conclut. C’est là qu’Lulu s’est dit : « ben tiens on a qu’a construire un bateau à moteur vu qu’on a djà l’essence. Qu’est-ce t’en penses toi ? Pas con non ? ». Lulu certains matins elle a des idées de génie.

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Au bout d’un moment on s’est arrêté. Fallait penser à une reconversion fissa illico parce que le petit chef y dit travaillez travaillez vous penserez moins. On s’est dit vaux mieux qu’on soit du côté de la France qui se lève tôt.

On a choisi le Contrat Péona d’Elevage. C’est simple : suffit de prendre un bâton, mettre une boina des alpargates et une bombache pis dire « allé hue » « pshhhhhhhh », « iiiiiiii », « ouh ouh ouh », « jagradaja, jagradaja ».

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Pour le moment on est pas rémunérées. C’est une phase d’apprentissage, un stage, une expérience, un processus. Nous on imite.

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Lulu au début elle disait « oui mais quand même tout ça ça colle pas avec mes convictions ». Pis on s’est dit vaut mieux être d’accord avec ce que mande le petit chef.   

On en a profité aussi pour apprendre à danser chamamé et cumbia avec les autres compagnons, le soir quand les chevaux sont déjà loin dans la nuit de la plaine.

Maintenant entre nous on parle guarani pour passer inaperçues. On se dit que faudra organiser la résistance en guarani. « Ne maray » ça veut dire « les carottes sont cuites ».

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10 mai 2007

Très chasse très pêche

Après quelques douces journées en famille à Rafaela direction le grand fleuve.

Pour nous alimenter nous pêchons des surubis et des pacus.

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Nous chassons aussi quelques vaches avec nos lances depuis la pirogue que Lulu a construite de ses propres mains.

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A l’aube entre les brumes

Il faut surveiller le campement  lulu_024

Les indiens ne sont pas loin

On s’y croirait. On sait pas où mais c’est comme si on y était.

Finalement on décide d’abandonner l’île qui n’en est pas une. Lulu fabrique un bateau à moteur qui roule à 100 kilomètres heures, comme sa 4L pour ne pas être trop dépaysé quand même.

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08 mai 2007

Travail, famille, patrie. Des Mots Cratie

Intronisation du nain. Tout le monde a bien ciré ses bottes de 5 lieues.

Ségoléne Royal se félicite de sa campagne, se félicite d'avoir ouvert une nouvelle voie, sa petite révolution. Elle a gagné son pari: elle a soumis tous les électeurs de gauche à la voter face aux grand Méchant. Bonne joueuse elle applaudit son compagnon de jeu, lui souhaite courage et réussites. Elle est toujours aussi heureuse.

Place des Bastilles les jeunes droitiers increvables font le fête. Dans les quartiers on sait pas trop quoi dire. On est un peu soulagé mais dejà les premières voitures brulent.

"Rupture", "changement", "révolution conservatrice", toutes les tournures sont bonnes pour oublier.

Mais l'histoire ne fait rien d'autre que se répeter, lasse de ses enseignements, se répeter.

Ils avaient voulu Pétain, nous aurons Sarkozy.

Il ne restera pas longtemps sur la chaise. Il ne passera pas. Nous ne méritons pas ce genre de dictateur. Et c'est la rue et les murs qui en viendront à bout. Pas les urnes.

AUX ARMES CAMARADES!

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04 mai 2007

Uruguay

Crónica de la ciudad de Montevideo.

Eduardo Galeano

"Julio César Puppo, llamado El Hachero, y Alfredo Gravina, se encontraron al anochecer, en un café del barrio de Villa Dolores. Así, por casualidad, descubrieron que eran vecinos :

-         Tan cerquita y sin saberlo.

Se ofrecieron una copa, y otra.

-         Se te ve muy bien.

-         No te vayas a creer.

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Y pasaron unas pocas horas y unas muchas copas hablando del tiempo loco y de lo cara que està la vida, de los amigos perdidos y los lugares que ya no estan, memorias de los años mozos :

-         Te acordas ?

-         Si me acordaré.

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Cuando por fin el café cerro sus puertas, Gravina acompaño al Hachero hasta la puerta de su casa. Pero después el Hachero quiso retribuir :

-         Te acompaño.lulu_066

-         No te molestes.

-         Faltaba mas.

Y en ese vaiven se pasaron toda la noche. A veces se detenian, a causa de algun súbito recuerdo o porque la estabilidad dejaba bastante que desear, pero en seguida volvían al ir y venir de esquina a esquina, de la casa de uno a la casa del otro, de una a otra puerta, como traidos y llevados por un péndulo invisible, queriéndose sin decirlo y abrazandose sin tocarse."

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30 avril 2007

Aux armes!

Que veut cette horde d'esclaves,

De traîtres, de rois conjurés ?

Pour qui ces ignobles entraves,

Ces fers dès longtemps préparés ?

Français ! Pour nous, ah ! Quel outrage !

Quels transports il doit exciter ;

C'est nous qu'on ose méditer

De rendre à l'antique esclavage !

Aux armes, citoyens !

Tremblez, tyrans et vous, perfides,

L'opprobre de tous les partis !

Tremblez ! Vos projets parricides

Vont enfin recevoir leur prix.

Tout est soldat pour vous combattre.

S'ils tombent, nos jeunes héros,

La terre en produit de nouveaux

Contre vous tout prêt à se battre.

Aux armes, citoyens !

Français, en guerriers magnanimes

Portons ou retenons nos coups !

Épargnons ces tristes victimes,

A regret, s'armant contre nous !

Mais ce despote sanguinaire !

Mais ces complices de Bouillé !

Tous ces tigres qui, sans pitié,

Déchirent le sein de leur mère !

Aux armes, citoyens !

La France que l'Europe admire

A reconquis la Liberté

Et chaque citoyen respire

Sous les lois de l'Égalité ;

Un jour son image chérie

S'étendra sur tout l'univers.

Peuples, vous briserez vos fers

Et vous aurez une Patrie !

Aux armes, citoyens !

O vous ! Que la gloire environne,

Citoyens, illustres guerriers,

Craignez, dans les champs de Bellone,

Craignez de flétrir vos lauriers !

Aux noirs soupçons inaccessibles

Envers vos chefs, vos généraux,

Ne quittez jamais vos drapeaux,

Et vous resterez invincibles.

Aux armes, citoyens !

Jonquille

Camarades

Depuis l’Argentine, à douze mille kilomètres de notre pays, il fait froid.

11 millions d’aliénés.

Nicolas Sarkozy, sa réthorique fasciste et dictatoriale trouve enfin les responsables. Les boucs de la Misère.

Tant que la Gauche de la Gauche, GG, Gauchito Gil, refusera – poule plus trempée que les terres entreriennes – de parler de l’immigration en expliquant qu’elle est un cul-de-sac parce qu’elle est à la fois cause et conséquence de l’exploitation capitaliste, Nicolas Sarkozy régnera .

Tant que la Gauche de la Gauche, GG, Guérisseuse de Guérilla, continuera de parler à-pour-par la classe moyenne bourgeoise cannibale, Sarkozy et sa milice tueront. 

Il est président. Cinq ans Renouvelables A Tout Moment.

Ils ne passeront pas. Ils ne tueront pas. Ils ne nous volerons pas le printemps.

No pasaran, no mataran, estaremos para defender la libertad e imponer la igualdad.

Ahora y siempre presente!

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12 avril 2007

La vache

d_couverte__11_  Faire du cheval

castracion_novillos__9_  Couper puis bruler les cornes

castracion_novillos__17_  Coucher pour castrer

castracion_novillos__21_  Enlasser pour coucher pour castrer et s'amuser

castracion_novillos__38_ Marquer pour reconnaître

truco__13_   Jouer au truco pour rigoler

Ames sensibles, regardez:

cuero_off__13_  cuero_off

cuero_off__22_  Avec le chapeau du Rubio...

ovejas__4_

ovejas__6_

Soigner

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24 mars 2007

Cynisme

" Qu'était-il arrivé aux Argentins de ma génération? Pourquoi nous avait-on inculqué la fable d'un pays riche jusqu'à la satiété, généreux comme une mère immortelle, inépuisable comme les eaux du Paraná? Que s'était-il passé pour que nous ayons été élevés dans l'assurance et l'orgueil d'être un peuple élu, un grenier du monde, un savant métissage de races, la patrie du blé et des vaches, un peuple convaincu d'accomplir un mythique destin de grandeur, un rêve de puissance, d'exercer une influence continentale et mondiale? D'où était sorti ce rêve impérial de croire que notre modèle, notre style, pouvait être exportable, du moins en Amérique latine?"

D'autres l'ont dit, (sic) ici c'est Mempo Giardinelli, Les Morts sont Seuls

Le même plus loin, qui peut-être donne une partie de la réponse:

"Cynisme : parler de paix à une époque de guerre permanente. Le cynisme gagne également nos intellectuels qui gobent l'eurocentrisme et lui vouent un culte, se vantent de leur culture européenne et forment des voeux pour la démocratie occidentale et chrétienne. (...)"

"L'Europe qui nous juge et nous regarde avec dédain, compte le plus grand nombre de génocides de l'histoire de l'humanité, c'est l'empire de la violence et du racisme, de l'individualisme le plus égoïste avant, pendant et après le positivisme du XIXe. Elle a même été le théâtre des deux guerres civiles les plus brutales et les plus misérables, que l'on a qualifiées de mondiales et qui ont provoqué des millions de morts. Et pas pendant la préhistoire, non: il y a seulement quarante ans. Les camps de concentration n'ont pas été inventés par Videla, Massera ou Pinochet; c'est l'Europe qui les a engendrés, dans l'Allemagne hyper développée et cultivée, celle-là même qui a accouché de Goethe, de Hegel, de Marx. Ah! Sournoise Europe qui désérotise, royaume du cynisme, de l'orgueil, de l'intolérance, de la domination! Salopards! Le dixième cercle de l'enfer est ici-bas, et plus que vicieux, c'est un cercle tragique. Discépolo avait raison: XXe siècle, boxon, pétaudière...Et merde! Qu'est-ce que je pouvais être en rogne, brusquement, à cause de ce connard réactionnaire de l'hôtel!"

Bon bon bon...moi je sais plus où il fait meilleur vivre dans tout ca...Paris-Buenos Aires?

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